Fontfroide (Aude)

PEPINIERE DE PAPES ET INQUISITEURS
L’abbaye de Fontfroide fut fondée entre 1080 et 1095 par quelques bénédictins sur les terres données par le vicomte de Narbonne Aymeric I. La règle bénédictine sera vite remplacée par la cistercienne, introduite par Bernard de Clairvaux : en 1146 déjà les moines de Fontfroide sont affiliés à l’abbaye cistercienne de Granselve (dans le Toulousain), qui venait d’être fondée par Bernard. Fontfroide s’épanouit grâce aux dons des seigneurs locaux et étend son influence : Poblet , en Catalunya, sera créée par ses moines en 1150. Elle donnera à l’Eglise un pape, Benoît XII, et de nombreux cardinaux, dont l’inquisiteur Jacques Fournier, célèbre pour les comptes rendus des enquêtes qu’il mena contre les hérétiques : les Registres de Jacques Fournier sont la plus importante source historique sur la vie et la doctrine des cathares albigeois au début du XIV (cent ans après la première croisade contre l’hérésie !).Comme bien d’autres abbayes, Fontfroide connut un lent déclin jusqu’aux pillages et aux destructions menés par la Révolution Française, quand elle fut vendue aux enchères.Elle a été rénovée par des privés avec beaucoup et de respect et offre des visites guidées de qualité.

DU ROMAN AU GOTHIQUE...
Construite avec la pierre rose de la région, l’abbatiale du XII a de fort belleset sobres proportions, et une voûte parmi les plus hautes et harmonieuses du premier art roman.
Un élégant cloître du XIII, au plan trapézoïdal dont les galeries sont couvertes par des voûtes en berceau brisé, marque l’évolution du roman au gothique qui caractérise l’architecture de Fontfroide. A visiter aussi quelques très belles salles, comme le réfectoire et le dortoir des moines.

DANS UN JARDIN ENCHANTE
On se croirait dans un coin de la campagne Toscane, en regardant les jardins qui enserrent dans un écrin fleuri l’imposant ensemble de l’abbaye. Fontfroide était née autour d’une source claire, qui lui donna son nom. Mais ce nom devait entrer dans l’histoire pour bien d’autres raisons : ainsi, Pierre de Castelnau, déjà moine de Fontfroide, devint ce légat du Pape dont le meurtre déchaîna en 1209 la première croisade contre les Albigeois. L’arme d’un mystérieux tueur le transperça juste après une orageuse entrevue avec le comte de Toulouse, que l’Eglise accusait de protéger l’hérésie. Pierre de Castelnau fut honoré comme un martyr, le comte fut excommunié et les terres occitanes furent investie par une immense armée de Croisés venus du Nord. Quarante ans de massacres, de bûchers et de révoltes s’ensuivirent, et le Midi fut définitivement soumis au Roi de France.
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