Lastours (Aude)


FOYER DE LA RESISTANCE OCCITANE.
Situés sur un socle rocheux , quelques km. Au nord de Carcassonne, les quatre chateaux édifiés à égale distance, Cabaret, Quertinheux, Surespine et Tour Régine se nichent au confluent de l'Orbiel et du Grésillou. Ils défendaient le passage menant de la ville aux très importants sites miniers de la Montagne Noire.
Les rares sources écrites remontent au IXe siècle, quand les châteaux sont mentionnés dans une charte de 871. Au XIIe on trouve les seigneurs de Cabaret cités comme vassaux des vicomtes de Carcassonne. Au début du XIIe s, ces seigneurs entretiennent de bons rapports avec les cisterciens de Fontfroide (ils leur donnent des droits de pacage), mais à la fin du même siècle ils sont parmi les grand protecteurs des cathares. Dès 1194 l’hérésie est attestée a Cabaret, une communauté y existe jusqu’en 1209 et quelques “parfaits” y demeurent jusqu’en 1229.Lors de la croisade contre les albigeois, après la prise de Carcassonne un assaut infructueux est tenté en 1209, à l’initiative du Duc de Bourgogne. Cabaret repousse ancore une attaque en 1227, mais en 1229 la résistance s’épuise et les châteaux deviennent propriété du roi de France.
Ils connaîtront encore plusieurs vicissitudes pendant les Guerres de Religion, au XVI, puis l’abandon après la Révolution Française.
Ils sont classés monuments historiques en 1905.


QUATRE FORTERESSES…ET DE NOMBREUX DOUTES.

La très longue occupation des châteaux et les nombreux remaniements rendent difficile une datation précise . Les archéologues s’accordent cependant à considérer que les deux premières campagnes de construction sont antérieures au XIVe siècle.
Des quatre châteaux, Cabaret est le plus imposant. Son donjon polygonal est adossé à un corps de logis semi-rectangulaire. Une enceinte où court le chemin de ronde protège du côté nord, ainsi qu’au sud et à l’ouest où se trouvait l’entrée. La porte en était protégée par un système de murs en arc aujourd’hui très dégradés. Deux citernes sont encore visibles, une près du donjon et l’autre à l’extrèmité nord.
La forte tour Régine conserve sa belle coupole de couverture circulaire. L’escalier à vis qui desservait les étages est ajourée par des meurtrières sur sa face sud.
Mais c’est surtout le site qui frappe par sa beauté d’ensemble, avec ces quatre tour fièrement dressé sur leurs éperons rocheux ponctués de cyprès. Magnifiques les soirs d’été , lors des spectacles “son et lumière”.


PROTECTEURS DE L’HERESIE
Mais qui furent donc vraiment ces seigneurs de Cabaret ? Pierre-Roger, vaillant compagnon d’armes du vicomte Trencavel, était-il hérétique ou seulement protecteur d’hérétiques ? Cathare l’était certainement un de ses lieutenants, Raymond de Cabaret, qui pour cela fut condamné en 1240. Nous savons aussi que ces chateaux furent un nid de la résistance contre les armées descendues du Nord. D’ici partirent pendant de longues années les actions de guerrilla lancées dans toute la région par les “faidits”, les seigneurs occitns dépossédés de leurs fiefs.
Et ici à Cabaret vécurent et prêchèrent de nombreux parfaits cathares dont les noms nous restent: Arnaud Hot, Pons Bernardi, Carcassonne Martì ou Guiraud Abith. Les fouilles archéologiques récentes ont aussi permis de retrouver les traces de nombreux ateliers qui auraient pu être cathares dans le village aux pieds des chateaux. Il semble clair aussi que le village fut abandonné en toute hate par ses habitants, comme à la suite d’une opération militaire. Les quelques pièces de monnaie Laissées par les fuyards font situer l’événement à une date où ce nid d’hérétique et de résistants pourrait bien s’être transformé pour toujours en une place militaire du roi de France.