Collioure (Pyrénées Orientales)


SOUVERAINS EPHEMERES ET ARTISTES IMMORTELS
Collioure est la perle de la Côte Vermeille, qui s’étend parmi de rouges collines couvertes de vignes jusqu’à la frontière espagnole. Placée à cheval de deux golfes et dominée par le Château des Rois de Majorque, la ville charme d’emblée par le labyrinthe de ses ruelles étroites s’ouvrant soudain sur l’ample décor de la Méditerranée couleur de violette. Au fil des siècles, cette magique bourgade a connu de nombreuses vicissitudes : forteresse romaine, port des Templiers pendant les Croisades, puis simple port de pêche et enfin lieu d’élection des artistes dans les premières décennies du XXe siècle. Avec sa sœur des collines, Céret, Collioure garde dans de précieux musées la mémoire des grands artistes inspirés par ces lieux.


UN ECRIN DE BEAUTE

Le Château Royal
Né entre le XIII et le XIV siècles à la suite de conflits dynastiques, le Royaume de Majorque choisit Collioure comme résidence d’été de ses souverains. De cette fonction résidentielle on voit encore des traces, comme la chapelle du XIII et la Chambre de la Reine.
Rendu ensuite à sa vocation militaire, il fut étendu et renforcé au XVII par Vauban qui ordonna dans ce but la démolition d’une partie du bourg ancien. Depuis, le château fut toujours forteresse ou prison, jusqu’à la deuxième guerre mondiale. Aujourd’hui, ses fiers remparts offrent surtout une magnifique vue sur la ville et sur la mer.


L’EXIL DU POETE
Découverte en 1905 par Matisse et Derain, Collioure devint avec Céret le rendez-vous de quelques grands artistes de l’époque : Braque, Fujita, Picasso et Dali hantaient ce coin de paradis entre les vignobles et la mer. Ici prit forme le mouvement Fauviste, célébrée aujourd’hui par un parcours en 20 étapes dans les rues de Collioure : 20 panneaux qui montrent les plus signifiantes œuvres de cette période. Mais Colliour n’a jamais cessé d’attirer les artistes : vous les rencontrerez à tous les coins de rue..L’ESPRIT DES LIEUXDans le petit cimetière de Collioure repose le grand poète espagnol Antonio Machado. Ayant quitté l’Espagne ravagée par la guerre civile où il s’était rangé avec les Républicains contre les rebelles de Francisco Franco, Machado vécut à Collioure ses dernières semaines et y mourut en février 1939. Dans ses vers, un écho douloureux de son exil :« Seigneur, de mes amours tu m’as tout enlevéécoute donc mon Dieu la plainte de mon cœurTa volonté s’est faite, Seigneur, contre la mienneNous sommes seuls, mon Dieu, cette mer e ce cœur. »