Arles - Abbaye de Saint Pierre de Montmajour

ABBAYE ET FORTERESSE
La tradition raconte que cette abbaye fut construite " avec la seule force de la Foi ". Ce qui est certain c’est qu’elle accueillit au moins huit siècles de vie monastique. Une communauté d’ermites venus de l’Ile St. Pierre s’installa en 949 sur cette petite motte dominant la plaine marécageuse, occupée depuis la préhistoire. Les ermites furent au début les gardiens du grand cimetière paléochrétien encore visible aujourd’hui, avec ses dizaines de tombes creuséees dans le rocher et tournées symboliquement vers l’Est , le lieu où le soleil renaît quotidiennement. L’abbaye connut une grande prospérité culminant au XIII siècle, quand elle accueillait plus de 30 moines. Puis le déclin, culminé avec la Révolution Française. Elle fut sauvée de la ruine au XIX, grâce à l’oeuvre des architectes Henri revoil et Jules Formigé. Elle est aujourd’hui monument classé par l’Unesco dans le Patrimoine Mondial de l’Humanité.

UN LIEU D’INSPIRATION
Dressée sur sa motte rocheuse, l’abbaye avec son imposante silhouette romane paraît en soi une montagne se détachant sur le plat horizon de la plaine d’Arles. L’ensemble est centré sur l’immense église de Notre Dame, du XII et sur le beau cloître (XII-XIII), en arcades tripartites sur des colonnes géminées. De grande qaulité les sculptures des chapiteaux.. Outre les saissants volumes de l’église, inoubliable la visite de la grande crypte, avec couloir annulaire, au parfait appareil de pierres portant les signatures des anciens Compagnons tailleurs.
En contrebas de la petite colline la chapelle St.Pierre, remontant à la fondation de l’abbaye : en partie creusée dans la roche , elle se prolonge par un petit ermitage et des grottes naturelles. Enfin la Chapelle Ste Croix , petit bijou roman au plan en croix grecque surmonté d’une coupole avec frontons triangulaires et entourée de quatre absidioles.

MISTRAL ET LE FELIBRIGE
En 1854 un groupe de lettrés de Provence, parmi lesquels Aubanel et Romanille, fonda le mouvement du Félibritge, qui marqua l’affirmation d’une véritable renaissance occitane . Le Félbrige le plus célèbre fut certainement Frédéric Mistral (1830-1914), qui chante dans son oeuvre une Provence rurale et un peu mythique, avec ses personnages, ses paysages lumineux et ses traditions. Mistral publie en 1859 le grand poème « Mirèio », qui lui vaudra le Prix Nobel pour la littérature. Suivront « Calendal », un roman épique se déroulant sur la côte provençale, « Lou pouèmo dòu Rose » et le « Trésor du Félibrige », oeuvre monumentale résultant de ses recherches linguistiques et ethnographiques.
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